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Partenariat

Notre politique de partenariats


Le choix de la rigueur - L'exigence de l'indépendance

Issy les Moulineaux 2005

La SFMG et les partenariats
La SFMG est née en 1973 avec pour ambition de promouvoir la médecine générale. Deux générations de médecins se sont succédées dans cette tâche. Les réalisations sont nombreuses et font la fierté de la profession :
· Premier « Guide de la Maîtrise de stage » paru en 1978,
· Mise en place à partir de 1989 des premières actions systématisées d’analyse réflexive des pratiques « Groupes de pairs en médecine générale »,
· Première enquête nationale « Actes et fonction du médecin généraliste » en 1994,
· Premier Annuaire statistique des Résultats de Consultation en médecine générale en 1997,
· Mise à disposition du corps social en 2002 du premier « Observatoire des pratiques en Médecine Générale » dont la méthodologie des résultats publiés est accessible à tous,
· Conception du premier module Informatisé de Dépistage et Prévention Individuels Organisés des cancers en soins primaires 2005, qui donnera lieu également à publication prochainement.
Dans un domaine proche du médicament :
· Déterminants de la prescription des IPP en médecine générale,
· Corrélation des termes du Dictionnaire des Résultats de Consultation avec la terminologie des termes du Vidal. (fonction d’alerte des logiciels de prescription.)

Ces réalisations n’ont été possibles que par l’engagement remarquable et bénévole (en partie ou en totalité) de nombre de médecins généralistes depuis la fondation de la SFMG. Possible aussi, ce que peu de gens savent, par l’engagement financier personnel de ces derniers en caution solidaire aux temps « difficiles » de la société. L’ensemble de ces réalisations interpelle d’abord nos adhérents et nos sympathisants qui nous font l’honneur de leur confiance parce qu’elles prouvent haut et fort, si besoin est, que la Société Française de Médecine Générale est indéniablement au service de la médecine générale et in fine au service des patients.

Il est loin le temps du petit groupe qui se réunissait à Versailles puis Boulevard Jourdan dans une seule pièce à la « PME de santé » qu’est devenue la SFMG (6 salariés temps plein). Nos sources de financement ont été jusqu’à présent principalement institutionnelles. Le CA de la SFMG juge que cette dépendance financière institutionnelle, notamment à l’égard de la CNAMTS via les formations OGC et les projets FAQSV, n’est pas saine. Nous sommes tout à fait conscients que cette situation laisse indifférent ou paraît normale à certains confrères, plus souvent d’ailleurs les médecins « formateurs », qui semblent parfois oublier que les institutions, comme les industriels, obéissent à leur logique propre et que ce financement institutionnel peut être jugé ailleurs par d’autres comme une subordination.

La SFMG, de par ses objectifs (1973), son statut de société savante (1993) et son mode de recrutement (travaux scientifiques) est constituée de médecins d’horizons très divers, avec des visions du monde très diversifiées quand elles ne sont pas diamétralement opposées… Le nombre d’adhérents (au sens strict de membres cotisants à jour de leur cotisation annuelle) augmente chaque année, peut être parce qu’ un nombre grandissant de généralistes appuie cette démarche ouverte mais rigoureuse, partenariale mais exigeante, affirmative mais scientifiquement documentée et dont le fil rouge demeure l’intégrité de notre travail de recherche.
Nous avons fait le choix d’une cotisation modeste pour les membres associés. Sauf à demander à nos adhérents une cotisation annuelle qui se chiffrerait en milliers d’euros, vu le nombre, la diversité et le type de projets en cours, nous devons impérativement trouver d’autres soutiens financiers. Ainsi l’étude Typologie, sur laquelle s’appuient en partie les travaux de la CCAM clinique en Médecine générale, a été réalisée sur fonds propres (soutien symbolique de deux syndicats) avec la participation bénévole d’une trentaine de médecins et un travail organisationnel et rédactionnel énorme mais non rémunéré.


Nous n’adhérons pas à une vision manichéenne du monde de la santé : sur ce point, les membres du CA ne partagent pas l’analyse de certains de nos confrères même si les comportements de certains groupes pharmaceutiques pourraient être jugés sévèrement. Peut-être est-ce parce que nous sommes assurés individuellement comme historiquement de l’indépendance de notre réflexion et de nos écrits quand ceux-ci sont au service de la médecine Générale ?

Par ailleurs nous pensons que c’est la multiplicité des soutiens qui est un gage d’indépendance et non pas leur place dans le système de santé : un partenaire qui chercherait à établir une relation de subordination pourra toujours être dénoncé. Par ailleurs, notre conviction est que les êtres humains, y compris certains représentants de l’Industrie de santé, du monde hospitalier ou de l’Assurance-maladie ne changent, comme nous-mêmes, que par la vertu du dialogue. Il n’y a pas d’objet « mauvais » en lui-même, mais il existe un sentiment d’aliénation à ne pas pouvoir faire face à l’influence. À ce compte, il faudrait renoncer également aux actions financées par l’Etat à travers le FAQSV, à celles financées par l’Assurance-maladie via l’OGC, à celles organisées par le CNGE, également engagé dans une coopération intelligente avec l’Industrie (voir site), à celles de l’UNAFORMEC (voir site) qui fournit « quand même » aux médecins francophones le service d’une base documentaire de très haut niveau ! Renoncer également aux données de l’OMG (données en accès libre pour l’ensemble du corps social, fournies par des médecins investigateurs volontaires non rémunérés, traitées par un groupe de médecins libéraux. Il faudrait également renoncer aux actions syndicales (car beaucoup de syndicats travaillent ou ont travaillé de temps à autres avec l’industrie), à celles des URML (pour les mêmes raisons), aux associations d’usagers soutenues par l’Industrie, voire à l’informatisation médicalisée du poste de travail, tenue majoritairement par le même groupe d’Information en santé dans notre pays comme ailleurs en Europe…
La liste des renoncements, qui s’étend à certains des projets soutenus par le CEE auxquels la SFMG participe, serait longue, au risque sinon la certitude d’un isolement au final inefficace, faisant le jeu du pire. Si travailler « avec » signifie ipso facto « travailler aux ordres de » alors la solitude s’impose. Mais contrairement à ce que d’aucuns soutiennent, la qualité de la prescription par exemple (ne serait-ce que dans le respect de l’AMM, la prescription en DCI, le recherche de l’ASMR) est en partie dépendante d’une coopération avec l’industrie, parfois elle-même incapable de faire face à des prescriptions initiées par des praticiens pas toujours aussi vertueux ou victimes qu’ils ne le croient. L’information scientifiquement fondée et indépendante d’un acteur particulier est alors un élément crucial du changement des comportements des médecins, des usagers comme de l’industrie pharmaceutique. Amener les uns et les autres à une utilisation médicalement fondée des produits de l’industrie pharmaceutique n’est-il pas un projet ambitieux ? Où est la vulnérabilité dans cette démarche, sinon dans l’imagination de ceux qui la présupposent ? Les réalisations antérieures de la SFMG et celles en cours ne sont-elles pas une forme de garantie suffisante comme l’est l’engagement des membres du Conseil d’Administration ?

La SFMG cherche en effet à développer des partenariats constructifs avec d’autres. Ce n’est pas le fait d’un accident mais d’une volonté délibérée de notre part. Aujourd’hui, cette volonté de diversification s’exerce en direction de l’Europe et de l’industrie pharmaceutique quand nous pensons qu’une coopération peut avoir un sens pour les uns comme pour les autres : dans tous les cas ces coopérations s’inscrivent dans un temps donné, pour des objectifs donnés, souvent sous forme de convention trisannuelle. Il faut cependant clairement dire que la SFMG a toujours travaillé avec l’industrie pharmaceutique depuis sa fondation. Elle l’a fait, le fait et le fera dans une relation de clarté que le bureau estime aujourd’hui sinon exemplaire du moins satisfaisante. L’étude Herpès Varicelle Zona en est un exemple, l’étude Picornavirus (en partenariat également avec le GROG) un autre.

Les partenariats avec l’industrie pharmaceutique, les fondations, les éditeurs en santé représentent une part modeste de nos financements, ces informations sont accessibles en toute transparence sur le site. En regard la part des cotisations des adhérents est encore plus modeste, contrairement au soutien massif par les généralistes dont bénéficient les autres sociétés savantes de Médecine Générale en Europe.

Dans ce monde très changeant de la santé, nous entendons défendre une indépendance fondée sur la capacité de dialogues et d’échanges sans préjuger a priori et de façon sélective de la bonne volonté de nos partenaires. C’est aussi pour cette raison que nous pouvons partager très largement le plaisir de comprendre

François RAINERI
Président de la SFMG