La vie du réseau

L'Observatoire de la Médecine Générale : un adolescent vigoureux sur une route de 1000 lieues !

Après 17 ans d'existence, l'OMG est fort de 150 investigateurs actifs, qui, dans un prompt renfort, se verront 450 dès qu'auront été livrés les 5 logiciels extracteurs en cours de développement, tandis que piaffe une arrière garde de 400 médecins dûment inscrits mais ne disposant pas d'un logiciel « OMG-compatible » !

Après 17 ans d'existence, la base de données de l'OMG est riche de 650 000 patients, 6 millions d'actes, 8 millions de résultats de consultation et 15 millions de lignes de prescriptions médicamenteuses. Après 17 ans d'existence, le budget annuel de fonctionnement de l'OMG est de 560 000 euros, ce qui n'est pas rien !


Après 17 ans d'existence, l'OMG affiche un insolent dynamisme, quand, avec la création du groupe pluridisciplinaire PROSPERE, il bénéficiera de deux évolutions majeures : d'une part, l'appariement de ses données cliniques avec les données de remboursement du SNIIRAM, permettant ainsi des analyses en groupes homogènes de patients, et des analyses sur le parcours de soins des patients ; et, d'autre part, l'évolution de l'OMG vers une cohorte.

Nombreux sont les défis que devra relever l'OMG :
- poursuivre le recrutement de nouveaux investigateurs dans un contexte professionnel et démographique défavorable¹ ;
- labelliser de nouveaux logiciels, quand aucune norme d'échange et de stockage des données n'existe, obligeant à de fastidieux et coûteux développements informatiques ;
- construire de nouveaux partenariats, en France comme en Europe. Un extracteur permettant aux investigateurs de l'OMG d'alimenter les bases de données des GROG est à l'étude ;
- trouver des financements pérennes permettant de développer cet outil indispensable à la compréhension et à l'organisation des soins primaires qu'est l'Observatoire ;
- continuer de publier des travaux de recherche en soins primaires documentés par les données de l'OMG (riches et nombreuses, ces publications sont au cœur du Bulletin de l'OMG) ;
- accroître sa notoriété en France (rencontres avec les institutionnels, les syndicats, publications dans les bulletins ordinaux ou sur les sites Internet des Conseils de l'Ordre, promotion de l'OMG par les investigateurs eux-mêmes en FMC, en séminaires, en congrès) comme à l'étranger, et particulièrement en Europe²

Lao-Tseu a dit qu'un voyage de mille lieues commence toujours par un premier pas. Grâce au travail opiniâtre des confrères visionnaires qui construisirent l'OMG en 1992 — rendons leur l'hommage qu'ils méritent — et grâce au travail opiniâtre des investigateurs de l'Observatoire, ce dernier avance désormais d'un bon pas dans son voyage de mille lieues !

Dr Michel ARNOULD
Responsable de l'OMG

¹ La démographie médicale à l'horizon 2030 : de nouvelles projections nationales et régionales.

² L'Observatoire de la Médecine Générale en France. Un réseau et une base de données au service de la médecine générale en France. Primary Care. 2009 ; 9 (2) : 41-5.

Recherche en médecine générale : dans la gueule de Lyon !

En ce mois de février, au cours duquel débute la discussion du projet de loi HPST, nous vous proposons une étude au titre provocateur, mais qui méritait d’être débattue : le médecin généraliste est-il un bobologue ? Entre pathologies aigues et chroniques cette analyse de 15 ans de données OMG tord le cou à certaines idées reçues.

Bonne lecture !

Recherche en médecine générale : les médecins généralistes sont-ils des bobologues ?

Auteurs : Philippe Boisnault¹, Pascal Clerc¹, Philippe Szidon¹, Gilles Hebbrecht¹
Affiliation : Société Française de Médecine Générale

Contexte
: le paysage des MG se modifie : la population vieillit et en parallèle son espérance de vie augmente, le champ d’action de la MG voit un élargissement de sa composante de prévention, avec un dépistage plus précoce des maladies ou des FdR qui voient pour leur part se définir des normes plus basses (diabète, HTA, hyperlipidémie) ; en parallèle le rôle de synthèse et de permanence des soins pour une patientèle identifiée a été confirmé (option référent depuis 1997, médecin traitant généralisé depuis 2005).
En contrepoint leur image reste, elle, inchangée : c’est celle du petit risque, de la prise en charge du rhume ; les décideurs connaissent peu leur travail, ignorant en particulier sa part de gestion du risque.

Objectifs
: quantifier la part des situations aiguës et chroniques en médecine générale.

Méthode
: les résultats de consultation (RC) ont été classés selon leur caractère chronique, aiguë, intermédiaire (soit l’un, soit l’autre en fonction du contexte), et non pathologique selon la méthode développée dans l’étude Polychrome.
Nous avons étudié la moyenne des RC par acte ainsi que la moyenne de RC par patient sur une année, en fonction de ces caractères. Cette analyse a été faite sur l’année 2007 en fonction de l’âge du patient, ainsi que globalement par année de 1993 à 2007.

Résultats
: pour l’année 2007 la figure 1 montre une stabilité tout au long de la vie des nombres moyens de RC aigues, intermédiaires et non pathologiques par acte (respectivement 0,6, 0,2 et 0,3). Les situations chroniques débutaient dès la naissance, devenaient plus fréquentes que les situations aigues à partir de 33 ans, étaient à plus de 2,5 à partir de 70 ans.
La figure 2 montre qu’en 2007 la part de patients vus au moins une fois pour un problème aigu, intermédiaire ou non pathologique est stable (respectivement autour de 70% à partir de 10 ans, 30% et 30% à partir de 17 ans), alors que celle des patients vus pour des pathologies chroniques augmente linéairement de 11% à 5 ans jusqu’à 90% à 75 ans.
Entre 1993 et 2007 la figure 3 montre une stabilité du nombre moyen de RC aigus, intermédiaires et non pathologique par acte, alors que pour les situations chroniques le nombre moyen de RC par acte, stable à 1 jusqu’en 2000, augmentait de plus de 5% par an pour atteindre 1,4 en 2007.

Conclusion
: les médecins généralistes prennent en charge des situations variées ; sur la période de l’étude la part des pathologies chroniques au sein des séances a toujours été supérieure à 50% et ne cesse d’augmenter.
Le passage du MG de médecin de l’aiguë (1950) au médecin de la pathologie chronique s’est réalisé en catimini, sans évolution du cadre.

Enquête MeRVEILLE : Etude de la participation volontaire des médecins généralistes libéraux aux réseaux de veille sanitaire.

Auteurs : D. Van Cauteren1,2 et P. Loury1,3 B. More4, C. Durand5, B. Queriaux6, Isidore GROG7, C. Turbelin8, T. Blanchon8, M. Arnould9, Réseau Stéphanois de Surveillance des Maladies Transmissibles10, R. Demillac3, B.Helynck2; et l’ensemble des participants du 25e cours IDEA

Affiliation :
1  Programme de formation à l’épidémiologie de terrain (PROFET)
2  Institut de veille sanitaire, 12 rue du Val d’Osne, 94415 Saint Maurice, France
3  Cellule interrégionale d’épidémiologie Ouest, rennes, France
4  Cellule interrégionale d’épidémiologie Rhône Alpes, Lyon, France
5  Cellule interrégionale d’épidémiologie Midi-Pyrénées, Toulouse, France
6  Département d'épidémiologie et de santé publique, Institut de médecine tropicale du Service de santé des armées, Le Pharo, Marseille, France.
7  Membres du réseau des Groupes Régionaux d'Observation de la Grippe (GROG)
8  Réseau sentinelles, INSERM, U707, université Pierre-et-Marie-Curie Paris-VI, Paris, France
9  Observatoire de la médecine générale (OMG), Société Française de Médecine Générale (SFMG)
10 Réseau Stéphanois de Surveillance des Maladies Transmissibles, St Etienne, France

Dans le cadre de l’évolution des systèmes de surveillance des maladies communautaires, une réflexion autour de la régionalisation des réseaux de surveillance en médecine de ville a été engagée. Un renforcement des réseaux impliquant davantage de médecins généralistes est envisagé et il est nécessaire d’identifier des facteurs influençant leur participation.

Une étude transversale a été mise en place dans les régions Auvergne, Bretagne, PACA et Rhône-Alpes en 2008 dans le cadre du XXVe cours IDEA d’épidémiologie appliquée. Les réseaux identifiés étaient le réseau Sentinelles de l’Inserm, le Grog, l’Observatoire de la médecine générale et le réseau de la ville de St-Etienne. Les médecins ont été sélectionnés dans les bases des unions régionales des médecins libéraux, selon un sondage aléatoire stratifié, puis interrogés par questionnaire téléphonique.

Au total, 306 médecins ont été enquêtés : 150 participant activement à un réseau et 156 non participant. Le sex-ratio H/F était 2,9 et l’âge moyen 49,6 ans ; 13% consultaient en milieu rural et 55% dans un cabinet de groupe. Comparés aux non participants, les médecins participants étaient plus souvent impliqués dans des activités de recherche et d’enseignement (45% vs 16%, p<0,001) ; ils étaient davantage à consulter quotidiennement leurs mails (84% vs 55%, p<0,001) et à considérer que la santé publique est une de leurs missions (98% vs 89%, p<0,001). Les motivations citées par plus de 75% des participants aux réseaux étaient l’échange d’information, le fait que la surveillance soit une de leurs missions, l’amélioration des pratiques et la valorisation de la médecine générale. Les freins mentionnés par plus de 65% des non participants étaient le manque de temps, la non sollicitation à participer et la méconnaissance des réseaux.

L’étude a permis d’identifier des motivations et des freins à la participation et dessine des profils particuliers de médecins. Une information plus large et une sollicitation plus active de la part des réseaux pourraient constituer des leviers pour favoriser le recrutement de médecins.

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Responsable de la rédaction : Dr Michel Arnould
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