Dictionnaire des résultats de consultation / Présentation du concept

Présentation du concept

Historiquement, l'pparition des systèmes de classement ou de description des maladies et autres états morbides répondait à la nécessité de produire des connaissances nationales ou internationales. Il devenait ainsi possible de comparer les données sanitaires et épidémiologiques émanant d’acteurs de santé, de régions ou de pays différents.
La Classification Internationale des Maladies (C.I.M) a constitué dans ce domaine un progrès important, dont les limites apparurent cependant dans son application en médecine générale. En effet, d’une part elle ne permet pas de décrire certains états morbides fréquemment observés, et d'autre part l'absence de définition des appellations entraîne le risque qu’une même appellation donne lieu à des interprétations différentes selon les utilisateurs.
Le développement de l’épidémiologie en médecine générale  a rendu nécessaire la recherche d’un langage commun, propre à décrire la pratique des soins primaires.
L'absence de langage commun a été identifiée de longue date. Une démonstration exemplaire a été faite dès 1952 par LOGAN, au Royaume Uni.
Cette étude, qui concernait 19.390 patients et 46.625 états morbides, a démontré que l’absence de définition de ces états morbides entraînait une grande disparité entre les résultats de chacun des médecins. Or, ces médecins exerçaient dans la même ville, avaient le même type de clientèle et avaient effectué leurs relevés à la même période.
Dans cette même logique, en 1984, la WONCA (World Organization of National Colleges, Academies, and Academic Associations of General Practitioners), publiait ICHPPC (International Classification of Health Problems in Primary Care), suivie de ICHPPC-2, qui comportait 371 items.

Pour sa part, la SFMG développait ses travaux à partir des concepts novateurs de BRAUN. Ce médecin généraliste autrichien a observé et analysé sa pratique pendant plusieurs années. Il a distingué quatre classes d’états morbides, dénommés " résultats de consultation " (exemple) selon l’association des éléments sémiologiques : symptôme, syndrome, tableau de maladie et diagnostic certifié.
La SFMG a constaté, en étudiant la fréquence de ces résultats de consultation, que 250 définitions étaient nécessaires pour rendre compte de l’activité d’un médecin généraliste. Ces résultats de consultation correspondaient à une fréquence d'au moins 1 cas par médecin et par an.
Dans la version actuelle du Dictionnaire des Résultats de Consultation, le nombre de résultats de consultation a été augmenté par l'inclusion de définitions ne traitant pas une morbidité (examen systématique, procédure administrative, par exemple) ou décrivant des motifs de recours (problème professionnel par exemple). Ainsi, le nombre de résultats de Consultation est il de 273.
Les études ultérieures de la SFMG ont confirmé que 200 définitions couvraient 95% à 96% de la pratique quotidienne du médecin généraliste.
Elles ont montré que les 2/3 des résultats de consultation étaient des symptômes ou des syndromes.
Contrairement à une idée reçue partant de l’hypothèse que les symptômes et syndromes sont essentiellement les signes précoces d’une maladie qui pourra être ensuite caractérisée, les études longitudinales révèlent une stabilité de ces résultats de consultation. Seuls 4% d’entre eux évoluent par la suite.
Sans définition, les dénominations ne sont pas superposables d'un praticien à l'autre et probablement chez un même praticien d'une époque à l'autre. On voit le biais majeur institué pour tout travail épidémiologique et plus simplement pour toute communication entre professionnels.
Cette question du langage commun ne concerne pas que la médecine générale. Ainsi, les psychiatres américains ont-ils eu les mêmes problèmes de communauté de langage. Ils tentent de les résoudre par le Manuel Diagnostique et Statistique des Troubles Mentaux (DSM) . Le Docteur SPITZER a écrit à leur intention, en 1983 : " Il est nécessaire que cliniciens et chercheurs aient un langage commun pour parler des troubles vis-à-vis desquels ils ont une responsabilité professionnelle ".
Plus récemment (1993), LINNARSON soulignait la nécessité de créer un " vocabulaire contrôlé " pour " mieux refléter la réalité clinique, permettre l’inclusion de tous les codes et classifications, rendre compte au mieux des données concernant le patient, et ainsi permettre l’interrogation de bases de données exploitables ".
Un premier contrat de recherche entre la SFMG et l'INSERM avait permis de commencer la réflexion sur cette question du langage commun.
Mais le système de validation comportait un biais important : dès la définition établie, les médecins participants devaient trouver une situation correspondante. Il s’agissait de "trouver" un malade "s’adaptant" à une définition. C'est la raison pour laquelle une autre convention a été passée entre la CNAMTS (Caisse Nationale d’Assurance Maladie des Travailleurs Salariés) et la SFMG "pour apporter à l'usage des médecins généralistes qui le souhaiteront un complément à la Classification Internationale des Maladies et des problèmes de santé connexes, dans la mesure où ce dictionnaire prend en compte les affections réputées mal définies et décelées par les médecins de famille". "La CNAMTS et la SFMG considèrent que ces travaux contribueront à améliorer l'efficacité diagnostique et thérapeutique des médecins généralistes, à optimiser leur formation, et à faciliter les connaissances des pratiques ambulatoires".

Objet du Dictionnaire

Toute décision en médecine générale intègre les paramètres issus de trois normes :

Ce dictionnaire a donc pour objet la description des résultats de consultation issus du déterminant biomédical. Pour ce faire, il définit la sémiologie des états morbides le plus fréquemment rencontrés dans l’activité quotidienne des médecins généralistes.
Le Dictionnaire de la Médecine Générale est l'œuvre collective des médecins de la SFMG. Comme tout ouvrage nouveau, ce Dictionnaire devra faire, comme c’est l’usage, l’objet de mises à jour périodiques.
Au total, il faut retenir que les 150 dénominations les plus fréquemment utilisées :

Le Dictionnaire des Résultats de Consultation se présente sous une forme papier, mais il a été conçu pour une utilisation informatique et s'intègre à tous logiciels destinés aux médecins généralistes.